Jour 1 de Pendjikent à ArtouchAprès avoir passé la frontière (cf. le dernier épisode du message 'La vie en bleu'), nous montons à bord d'un ancien minibus de l'armée, haut sur pattes et tout terrain. A bord, notre équipage tadjike : Affreidin dit Alfred, notre guide de montagne, qui est étudiant en langues (Anglais + Coréen s'il vous plaît !) à Douchanbe pendant l'année scolaire, Asslidi (désolée pour l'orthographe des prénoms, je fais ça phonétiquement...), notre chef muletier, son jeune apprentis (14 ans à vue de nez), et notre cuistot un peu taciturne. Pendant le trajet, Bakhrom peaufine son Tadjike, tandis qu'Alfred, très liant, discute en Anglais avec Daniel. De mon côté, j'ai le regard rivé sur le paysage qui défile. Nous longeons une immense vallée avec au fond des montagnes ocre rose, dans la large vallée des champs de tournesols, qui exceptionnellement, tournent le dos au soleil, des vignes, et partout des paysans qui travaillent dans les champs. Ici, c'est encore sous le modèle communiste. On travaille donc en commun.

Nous prenons peu à peu de l'altitude, la route se rétrécit et devient de moins en moins carrossable. Mais notre chauffeur et notre camion sont à toute épreuve. Ils franchissent les nids de poule, et escaladent les pentes les plus improbables avec une dextérité surprenante. Le ravin n'est pas passé loin, mais on arrive sans encombre à Artouch, petit village qui marquera le début de notre trek, à la tombée du jour. Nous sommes accueillis dans une auberge toute neuve par une aimable famille où les enfants jouent les timides, tandis que les hommes déchargent nos sacs et que les femmes s'affairent pour nous préparer un bon thé. Le site est charmant, murs en pisé, jardin potager, verger planté de pommiers, peupliers en bordure de route, le tout encaissé entre les montagnes. C'est de bon augure.

La salle à manger comporte une grande baie vitrée mais un carreau est cassé et déjà ça fraîchit. On enfile les polaires pour la première fois depuis l'avion. Après un bon dîner, l'extinction des feux est rapide : alors que je vais me brosser les dents, les garçons sont déjà emmitouflés dans leurs duvets dans la salle à manger. Les filles ont une petite pièce à part et prennent un peu plus de temps. Il faut refaire les sacs intégralement car évidemment, c'est déjà le bordel après une semaine à crapahuter, et en plus on va changer complètement d'équipement : ce qui était au fond du sac passe sur le dessus, et vice versa. On finit par éteindre et sombrer du sommeil du juste.
Jour 2 d'Artouch au cirque de Koulikalon (2800 m)Le lendemain de bonne heure, on est sur le pied de guerre. Joëlle appréhende un peu pour sa cheville. Mais le guide nous rassure, le premier jour c'est facile. Par contre, le deuxième jour ce sera plus difficile... Les bâtons de randonnée sont prêts, les gourdes sont remplies d'eau bouillie (avec un petit Micropur quand même, deux précautions valent mieux qu'une), on peut y aller. Nous commençons par un joli petit chemin au fond d'une vallée verdoyante. Nous longeons les champs et déjà les paysans sont au travail. Ils font une pause pour nous regarder passer et certains nous font de grands signes amicaux. Je suis en pleine conversation avec Alfred et n'ose pas l'interrompre pour prendre des photos.

Je rallie
Joëlle pour m'assurer que tout va bien. Pour l'instant, ça va. Puis, j'attends
Brigitte qui n'arrête pas de prendre des photos. Nous papotons avec
Bakhrom et sommes rejoints par un jeune garçon sur son âne. Il est ravi de poser pour la photo et semble nous attendre à chaque tournant. Puis, il est fier et amusé d'appliquer un bon coup de badine sur le dos de son âne pour le faire repartir au trot. La pente s'accentue, on commence à grimper.
Nous croisons une gentille famille, les femmes et les jeunes filles portent longues tuniques aux couleurs vives, rose fuchsia, rouge, qui ressortent sur le vert des prés, et les photographions. Nous repartons, mais la petite fille nous court après en nous criant de nous arrêter, un bol de lait caillé tout frais à la main. Nous ne nous faisons pas prier et acceptons cette aimable offrande.

Un peu plus loin, nous rencontrons un autre groupe, qui redescend enchanté d'un
trek de quelques jours, et nous dit que les paysages sont vraiment superbes, et que ça vaut le coup de se baigner dans les lacs de montagne. Par contre, ils ne nous cachent pas que l'on va souffrir dans la montée. En effet, la chaleur arrive juste au moment ou nous attaquons une bonne grimpette le long d'un torrent au bord duquel des vaches broutent l'herbe fraîche au milieu des petites fleurs jaunes. Certains commencent à souffrir de la chaleur.
Brigitte peine de plus en plus. Elle n'avait pas prévu de partir en
trek, car au départ elle ne devait faire que
l'Ouzbékistan sur un autre circuit.

Tant bien que mal, on avance, mais c'est dur pour un premier jour. Ça grimpe de plus en plus raide et c'est l'heure chaude.
Brigitte s'arrête de plus en plus souvent et de plus en plus longtemps, et quand elle repart, c'est tout doucement. Ça m'inquiète.
Lionel sort les barres de céréales à la pause et ce n'est pas de refus, on a besoin de recharger les batteries. Mais
Brigitte n'arrive même pas jusque là. Elle reste à l'ombre en contrebas derrière un rocher. Comme elle n'arrive toujours pas, je laisse mon sac a dos et redescend le raidillon pour aller voir ce qui se passe.
Lionel m'arrête pour lui apporter une barre de céréales.
Brigitte n'est pas bien du tout. Elle a fait une chute de tension, ce qui lui arrive de temps en temps, mais là ça tombe vraiment mal. Du coup, elle n'a plus de force dans les jambes, elle voit des petits papillons et n'arrive pas à se reposer suffisamment à chaque arrêt. Je prends son sac à dos pour la soulager un peu et l'encourager à continuer. De toute façon, il n'y a pas vraiment le choix... On va y aller tranquillement. Heureusement, on arrive bientôt sur le plat et c'est la halte déjeuner. Nous engloutissons 1 morceau de concombre, 1 tomate, 1 morceau de fromage, 1 oeuf dur, 1 saucisse type Knacki, et une tranche de saucisson à l'ail : bien calorique et bourratif histoire de vous remettre d'aplomb !!!
A peine 1/2h pour se faire une petite sieste digestive en essayant de trouver un coin d'ombre, et ça repart en plein cagnard pour une nouvelle grimpette. Nous arrivons au col avec une vue magnifique, et nous attendons tranquillement que les ânes nous rejoignent avec nos paquetages. Puis nous redescendons de l'autre côté et traversons une large vallée paradisiaque où se suivent de petits lacs couleur émeraude dans lesquels se reflètent des pins noueux. Ça sent bon la Provence ! C'est donc la récompense de cette journée "facile". Nous débouchons finalement vers 15h30 sur le cirque de Koulikalon. Petit ruisseau serpentant sur un green magnifique, entouré de sommets enneigés.
On se déchausse et on marche pieds nus dans l'herbe épaisse et tendre, Joëlle se précipite pour un bain de pieds plus que rafraîchissant dans le ruisseau, Brigitte ne bouge plus et attend que le soleil décline tranquillement. Il faut quand même se relever pour dresser les tentes. Brigitte et moi avons la chance d'avoir une tente neuve. Par contre, elle est assez compliquée à monter. Mais avec l'aide d'Alfred, on s'en sort. On est tellement sonnées que la tête nous tourne dès qu'il faut planter une sardine. Heureusement, elles s'enfoncent bien dans le gazon.
Brigitte et moi somnolons et papotons tout l'après-midi au soleil. Pendant ce temps, Guillaume, qui a la bougeotte, est parti explorer la prairie. Joëlle, motivée, prend sa serviette et ses affaires de toilette pour tenter une baignade dans le lac. Elle revient bredouille car l'eau est stagnante. Elle se replie sur le ruisseau qui offre, paraît-il, un coin baignade bien agréable. Ouaif.
En fin d'après-midi, alors que le soleil décline, Brigitte et moi nous motivons pour aller jeter un œil au coin baignade avant que la température ne baisse. Glaciale, l'eau !!! J'y vais jusqu'à mi-mollets pour ressortir au bout d'une minute à peine, tétanisée. Je vais mettre une bonne demi-heure à me réchauffer les pieds. C'est saisissant. Ça fait comme plein de petites aiguilles. Impossible. Je finirai le reste aux lingettes. Dire que je n'ai pas eu le temps de me laver les cheveux la veille du départ, c'est la cata !!!
Depuis un moment, nous entendons tonner. On espère que le ciel ne va pas nous tomber sur la tête, par Toutatix... En fait, c'est pire que ça, tout d'un coup, un énorme coup de tonnerre se fait entendre. Nous levons la tête et avons juste le temps de voir un monceau de neige faire une chute vertigineuse du haut du glacier en bas de la falaise. C'est la première fois de ma vie que je voyais une avalanche. Avec les différences de températures, le glacier fond, craque et s'effondre. Inutile de vous dire que tout s'est passé très vite et que je n'ai pas eu le temps de prendre une photo pour immortaliser l'instant ! Mais pour vous faire une petite idée, le petit tas de neige en bas de l'image à gauche, il était accroché en haut quelques secondes plus tôt...
Guillaume revient au moment de l'apéro (vous entendrez thé vert, raisins secs, noyaux d'abricots salés, véritables petits beurres sans beurre, cacahuètes et noix). Il est ravi de sa ballade qui l'a mené en haut de la colline qui domine la prairie. Une bonne petite grimpette quand même... Nous sommes rejoints par un voisin, oui figurez-vous qu'à 500 mètre de là trois copains, dont deux amateurs de pêche à la ligne qui sont venus faire du trek dans la région, ont établi leur campement. L'un d'eux parle Tadjike, ça aide. Notre visiteur, lui, est Pyrénéen et bien sympathique. En tout cas, ils semblent avoir une grosse patate, et pas froid aux yeux.
Dès que le jour tombe, la température chute brusquement. J'enfile ma polaire, puis mon pull, puis je passe la doudoune. Ça promets pour la nuit. Nous ne traînons donc pas après le repas. On rentre chacun chez soi sous la tente pour une bonne nuit de sommeil après cette rude journée. Enfin, c'était un peu présumer de la fraîcheur et de l'humidité ambiante. J'ai l'impression de passer la nuit à essayer de trouver une position dans laquelle je pourrai réchauffer mon duvet. Rien à faire. L'air et l'humidité semblent passer au travers. Je n'ai aucune sensation d'avoir dormi malgré les épaisseurs. Il faut dire que je me suis trompée de duvet en partant. J'ai pris un vieux duvet qui a facilement mon âge, si ce n'est plus, au lieu de celui qui résiste à -5°C. Ça m'apprendra à faire attention !
Jour 3 Montée au col Aloudine (3750 m) et bivouac au bord du lac Aloudine
Je sors donc à l'aube et je me rapproche du feu que le cuisinier a déjà allumé pour préparer le petit dej. J'ai de l'avance, mais ce n'est pas grave. Je profite de la superbe lumière du soleil qui se lève sur les sommets. Aujourd'hui, il ne faut pas lésiner sur le petit dej, c'est LA journée difficile du trek. Je me force donc à prendre trois tartines de confiture : celle aux coings est délicieuse, celle aux cerises n'est pas mal non plus, mais super liquide, on s'en fout partout ! Brossage de dents au-dessus du ruisseau, et c'est parti. Brigitte voudrai partir avec les muletiers pour aller plus doucement, mais ils préfèrent qu'elle parte avec nous.
Nous commençons tranquillement et longeons plusieurs lacs qui font tâche d'huile et reflètent les sommets enneigés. Bakhrom, qui vient pour la première fois au Tadjikistan, est sous le charme et me demande de lui envoyer les photos que j'ai prises. Effectivement, c'est terriblement beau. Progressivement, nous prenons de la hauteur. Et nous commençons à attaquer les choses sérieuses. Un petit sentier bien raide. Nous sommes rejoints par la chaleur. Brigitte commence à montrer des signes de faiblesse. Je marche un peu avec elle pour lui donner du courage. Mais elle préfère s'arrêter et attendre les muletiers.
Nous continuons donc, mais un peu inquiets quand même de laisser Brigitte sur le bord du chemin. Et ce, d'autant plus que Guillaume manque de se faire attaquer par un chien de bergers, qui pense qu'il constitue une menace de taille contre son troupeau de chèvre. Nous avançons donc groupés, prudemment, et Affreidin fait signe aux bergers de tenir leur chien. Ils sont pénards, allongés au soleil, à papoter, dans un site magnifique. Pas mal la vie de berger !
Arrivés à leur hauteur, nous réalisons que ce que nous avons monté jusqu'ici n'était rien, un véritable mur apparaît devant nous. Ca nous flanque un coup au moral. Dire qu'il va falloir grimper tout ça... La seule chose rassurante, c'est l'herbe bien verte et les petites fleurs. Mais, les choses se compliquent. En effet, je commence à me sentir un peu faible. Or, je ne peux pas participer à la tournée de prunes gentiment proposée par Bakhrom, pour cause de tourista. Affreidin me dit qu'ils n'ont rien d'autre, ce qui m'étonne un peu parce qu'ils doivent bien avoir un petit morceau de pain pour le pique-nique. Soit, je continue mon chemin en rongeant mon frein.
Je me sens de plus en plus faiblarde. Au fur et à mesure de la montée, je prends du retard par rapport au groupe, et c'est maintenant moi qu'ils doivent attendre à chaque pause. Quand j'explique à Bakhrom, qui me demande ce qui ne va pas, que je suis en hypoglycémie, il me déniche un bonbon bien chimique, mais c'est exactement ce qu'il me fallait, et je le remercie en savourant le sucre qui me redonne un peu de forces. Le problème, c'est que je n'arrive toujours pas à avancer à mon rythme habituel. Je n'ai plus de force dans les jambes et je suis obligée de faire des pauses quasiment à chaque tournant.
En réalité, il n'y a pas de lacets sur le chemin, il attaque la montagne en ligne droite. Les Tadjikes n'ont pas l'air d'avoir besoin de réduire la déclivité de la pente. Ils attaquent à flanc de côteau. Je me crée donc mon propre chemin "hors piste" pour que ça monte moins raide. Du coup, je n'optimise pas forcément ma trajectoire, ni le relief. Les autres prennent de plus en plus de distance. Et, plus on avance, plus on découvre qu'en réalité le col est plus haut qu'on ne pensait car une partie de la montagne était cachée derrière une tuce. Déprimant...
Je commence à réaliser que nous sommes à plus de 3500 mètres et que nous n'avons pas vraiment fait de palliers pour nous accoutumer à l'altitude. Ce que je prenais pour de l'hypoglycémie pourrait bien être un début de mal des montagnes ou, en tout cas, les effets de l'altitude... Voir les autres si haut, si loin, est décourageant. Cahin, caha, je finis par arriver au col. Petite pensée pour Brigitte. Je ne sais pas comment elle va faire, toute seule, pour trouver le courage de monter tout ça. Pourvu qu'elle ait retrouvé les muletiers !
La vue est spectaculaire. Les sommets alentours sont tous enneigés. De l'autre côté du col, nous découvrons, quelques 1000 mètres plus bas, le lac qui nous attends pour bivouaquer. C'est là qu'on se dit qu'on n'a pas fini, après les 1000 mètres en montée, la descente. Nous appréhendons tous un peu. Daniel commence à avoir sa tendinite qui se réveille. Joëlle va tester la résistance de sa cheville à l'épreuve des cailloux. J'espère que mes genoux ne vont pas me lâcher... La descente ressemble un peu trop aux 900 mètres de dénivelées du GR 20 Sud, sauf que cette fois, il n'y aura pas de bergerie avec du vin chaud à l'arrivée !
Nous commençons la descente et c'est périlleux. Le début est très raide. On s'accroche aux bâtons et on y va doucement. Un peu plus bas, Affreidin nous arrête pour la pause déjeuner. Je donne ma tomate et mon concombre à qui veut, et je me replie sans enthousiasme sur mon oeuf dur et le saucisson à l'ail. Bakhrom me force à prendre une sardine à l'huile, qui se marie merveilleusement bien avec ma Knacki, mais je ne vais pas faire ma difficile, il faut reprendre des forces.
Ensuite, on cherche désespérément l'ombre pour une petite sieste. Les places sont déjà prises alors je m'abrite tant bien que mal sous mon cheich. Je n'y tiens plus, je cuis. Je prends donc la place de Joëlle qui est venue s'installer à côté de moi au soleil car elle avait froid à l'ombre ! Pas de demi-mesure avec ce climat. A peine 1/2h et déjà Affreidin nous fait signe pour repartir. Mais il n'est qu'1h30. C'est la pire heure pour marcher. En plus, on voit le lac, on va arriver au plus tard à 3 heures 1/2 si on repart maintenant. Pourquoi se presser ?
Nous sommes inquiets pour Brigitte et Joëlle pousse Affreidin à remonter au col pour lui aporter son pique-nique. Elle doit mourrir de faim, et en plus on voudrait être sûrs qu'elle a bien retrouvé les muletiers. Quand même, c'est vache il y a une bonne remontée à se faire. Mais bon, il est jeune et entraîné. Pour lui, ce n'est pas grand chose. Nous repartons donc avec Bakhrom à peine 10 minutes plus tard. C'est tout ce qu'on a réussi à négocier.
Nous croisons 3 alpinistes russes équipés chacun d'un bardas qui doit bien peser 15 à 20 kg. Ils affrontent donc le chemin que nous sommes en train de descendre, en sens inverse. Monter une pente pareille, en pleine chaleur, avec les sacs sur le dos, motivés les gars. Le troisième compère est une femme qui semble épuisée. Déjà que les mecs avaient l'air de souffrir. Elle est au bout du rouleau. Elle semble se demander ce qu'elle est venue faire dans cette galère. Suivre son copain, sûrement. Je crois que c'est la dernière fois pour elle...
Ensuite, la pente s'adoucit un peu. Je pique donc un sprint pour me venger de mes difficultés à la montée. Profitant de mon avance, je m'arrête quand même avant l'arrivée, un bon moment, en surplomb du lac pour admirer la vue.
Lionel puis Guillaume me rejoingent et continuent leur chemin. J'attends encore un peu pour profiter du site avant de repartir. Arrivés au bord du lac, nous sommes accueillis pas les muletiers et la tente du groupe Allibert. Ils sont arrivés avant les nôtres pour réserver le campement au meilleur emplacement. Nous comprenons maintenant pourquoi notre guide nous faisait presser le pas ! Je profite d'attendre les autres pour me faire un bon bain de pied dans le ruisseau. Pas besoin de rester longtemps pour sentir l'effet : quelques secondes suffisent vu la température. Daniel puis Joëlle finissent par arriver avec Bakhrom.
On papote un peu, on se repose. Et nous sommes tout étonnés de voir débouler à peine un peu plus tard Affreidin suivi de Brigitte et des muletiers. Quelle surprise ! On ne les attendait pas si vite. Ils ont bien dépoté dans la descente. En effet, si les ânes traînent la patte à la montée, ils cavalent en descente. Brigitte nous explique qu'elle n'avait pas faim et a sauté la pause déjeuner. Elle a juste pris quelques fruits pour faire plaisir à Affreidin qui lui avait porté son casse-croûte. Elle a donc enchaîné la descente en compagnie des muletiers qui lui donnaient la main. Elle a dévalé la pente en toute sécurité puisqu'ils lui servaient de rempart en cas de faux pas. Impressionnant ! En tout cas, nous sommes contents qu'elle soit arrivée sans trop de problèmes.
Après, une petite pause, il faut se rechausser car nous allons bivouaquer un peu plus loin. Nous longeons donc de petits lacs et arrivons au bord d'une rivière qui se divise en plusieurs bras. Un peu d'aide à la traversée n'est pas de refus. Nous gagnons l'ombre des grands arbres et cherchons un endroit pour la tente. Pas terrible le sol aujourd'hui. Plein de cailloux. Les sardines ne s'enfoncent pas. On utilise des pierres. Mais notre tente claque à tout vent. Tant pis, ça fera l'affaire.
Commence maintenant, l'épopée de la douche. Cette fois-ci, je décide de prendre mon courage à deux mains et d'y aller sans attendre pour profiter du soleil. Je traverse des éboulis de cailloux pour me rendre au lac le plus proche. Avec les tongues de marche c'est beaucoup moins évident qu'avec les chaussures montantes ! Je croise Joëlle qui a pris un chemin qui a l'air plus pratiquable. Affreidin arrive de façon inopinée sur son âne et m'indique par où passer. Je trouve un petit spot sympa, mais déjà gagné par l'ombre, pendant que Joëlle, un peu plus loin, profite encore des rayons du soleil.
J'ai apporté mon gant de toilette et vais donc pouvoir faire un peu mieux qu'hier. J'ai également pris une petite bassine pour tenter le lavage de cheveux. Pour la douche partielle (je reste quand même en sous-vêtements car nous ne sommes pas loin du chemin, en effet quelqu'un passe mais sans trop mater), avec le gant de toilette ça va. En revanche, ça ne va toujours pas être possible pour les cheveux ! Ils sont tirés aux maximum, je ne les supporte plus...
Ca y est, on peut enfin se poser et profiter du reste de la soirée. On discute, on lit un peu, on glandouille quoi. Ca fait tout bizarre de ne rien faire. On attend tranquillement l'apéro. Cette fois-ci je me méfie des cacahuètes, des raisins secs et des noix pour garder un peu de place pour le repas. Malgré tout, une demi-portion suffit largement à me contenter. Epuisés, nous ne tardons pas à rejoindre les tentes après avoir assisté à un magnifique lever de lune.