
De retour à Samarcande, nous avons l'agréable surprise de changer de quartier. Non pas que le premier ne nous plaisait pas, mais notre nouvel hôtel est à deux pas du mausolée Gour Emir auquel nous voulions justement repasser !
En fin d'après-midi, Brigitte et moi, décidons d'aller voir de plus près la statue de Tamerlan. En chemin, nous visitons le mausolée Rokhabad, beaucoup plus simple que le Gour Emir mais non sans charme. Sa cour intérieure renferme quelques boutiques. Nous sommes tentées par de petits bols colorés en céramique qui ne sont qu'à 1$ mais nous ne sommes pas sûres qu'une fois rentrées nous ne regretterons pas cet achat d'impulsion. Je ne suis pas convaincue que Flo et Xav seront ravis d'exposer ça dans leur salon...

Le ciel ce soir est nuageux mais la lumière n'en est que plus belle. Après avoir marqué notre respect à Tamerlan, nous passons devant un couple de statues représentant Ouloug Beg et son maître. Inévitable crochet par le Réghistan dans les jardins duquel les familles viennent se promener à la tombée du jour. Nous poussons jusqu'au bazar de Tchorsu en quête d'un dernier petit souvenir mais il est déjà fermé. Il est temps de rentrer si on ne veut pas être en retard pour dîner. Dernier petit détour par le Gour Emir. Nous sommes à nouveau en admiration devant ses mosaïques travaillées.

Après dîner, nous sommes bien décidés à célébrer dignement notre dernier soir à Samarcande autour d'une bonne bouteille de vodka. Lionel et Guillaume on repéré le quartier étudiant et ses bars dans l'après-midi. Nous y retournons donc, mais à nouveau tout est fermé. Où sortent donc les habitants à la nuit tombée ? Mystère.
Nous revenons donc bredouilles vers notre hôtel. Sur la place du Gour Emir, une petite épicerie reste ouverte. Quelle chance, nous décidons donc de lui acheter quelques provisions de bière bien fraîche, une bouteille de vodka et du jus de pomme. Nous allons chercher des verres à l'hôtel et réveillons au passage les aubergistes qui dorment sur une paillasse dans la cour. Ils nous précisent que le petit déjeuner sera à 7h15. Pas de problème.

Par contre, pas question de faire du bruit dans la cour de l'hôtel où tout le monde semble déjà couché. Qu'à cela ne tienne, le petit muret d'enceinte du Gour Emir fera parfaitement l'affaire. Le site est très beau avec son éclairage de nuit. Quelques jeunes sont assemblés pour discuter. De rares touristes noctambules ou des couples d'amoureux viennent s'aventurer par ici pour goûter au romantisme du lieu. C'est particulièrement vrai ce soir où la lune est pleine au dessus de la coupole. Nous tentons d'immortaliser ça mais il faudrait vraiment un trépied avec le faible éclairage de la lune. L'idée y est.

Nous avons vraiment l'air d'une bande d'étudiants fauchés à boire nos bières dans la rue ! J'espère qu'on ne va pas se faire ramasser par les flics pour ivresse sur la voie publique, pas trop envie de passer la nuit au poste... En fait, l'endroit semble le point de rendez-vous d'un petit trafic. En effet, nous voyons de temps en temps une voiture, arriver en trombe, freiner en crissant des pneus, avec à son volant un homme complètement ivre. Il se pourrait bien que le petit groupe de jeunes, qui discute gentiment à côté de nous, soit en fait une bande de dealers... En tout cas, ils ne nous ont pas posé de problèmes et nous avons fini la soirée joyeusement.

Le lendemain, bouclage des paquetages et petit déjeuner dans la cour. Nous sommes assaillis pas les guêpes et pouvons à peine toucher à nos tartines et nos oeufs au plat. Nous mettons la confiture à distance mais rien n'y fait. C'est insupportable, nous quittons la table. En plus, les aubergistes n'étaient pas vraiment sympathiques. La femme faisait même franchement la gueule en nous servant. Nous avons donc hâte de décoller.

La route est longue et monotone jusqu'à Tachkent. Il fait très chaud dans le minibus et le chauffeur ne veut visiblement pas mettre la clim malgré notre demande. Il préfère rouler avec les fenêtres grandes ouvertes. Je suis assise derrière lui et, avec la vitesse, sur la voie expresse, je me prend plein d'air (chaud) dans la figure. Je m'emmaillote donc le visage dans mon cheich pour me protéger mais je n'en peux vraiment plus et je vais finir par perdre mes lentilles si ça continue. Je me cache donc les yeux pour les protéger. J'ai fini par obtenir gain de cause : hourra !

Enfin, nous nous arrêtons pour déjeuner. Ce n'est pas tant qu'on a faim, on est tellement nourri dans ce pays qu'on a jamais faim avant de manger ! C'est plutôt qu'on est tellement content d'avoir avalé la route. Pour nous remettre de la fatigue de la route, rien de tel que de belles brochettes, pas de soupe merci ça ira, avec la chaleur qu'il fait, on s'abstient volontiers, sans compter que, vu la taille des brochettes, il faut faire un choix !

De nouveau attaqués par des guêpes, un véritable fléau. Elles sont surtout attirées par le melon et la pastèque, juteux à souhait, et il faut se battre pour avoir sa part. Pas de quartiers, Joëlle assassine cruellement une guêpe en l'écrasant sous son verre. Bien fait, et que ça serve de leçon aux autres, non mais !

Arrivés à l'aéroport, nous faisons nos adieux à Bakhrom qui attend prudemment à l'extérieur pour s'assurer que l'on n'a pas de problème à l'enregistrement. Joëlle fait les 100 pas car elle a les jambes qui ont enflé avec la chaleur. Je regarde les pieds de Brigitte, idem. Mes mollets, deux poteaux, je ne les ais jamais vus comme ça, et on n'est pas encore monté dans l'avion ! On cumule les effets d'être redescendu des hauteurs du Tadjikistan et d'avoir retrouvé les 40°C de l'Ouzbékistan. C'est là qu'on aurait bien besoin d'un ruisseau descendant des glaciers pour se faire un petit bain de pieds !!!
1 commentaire:
Quel récit ! tonique, vivifiant et documenté. On en sort fatigué.... mais émerveillé. Je préfère avoir
fait ce voyage derrière mon écran, l'exploit sportif est plus modéré....? DAN
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